Historique du projet

De « Belleville Insolite » à « ça se visite ! » deuxième version… Les 3 étapes d’un projet original !

1 – Tout commence par « Belleville Insolite », juste avant l’an 2000…

A la fin des années 1990, deux jeunes femmes, Isabelle Boyer et Cathy Janvier, décident de profiter de l’opportunité des emplois-jeunes (une mesure de financement publique pour la création d’emploi) pour trouver une activité professionnelle à de jeunes inactifs du quartier de Belleville (à Paris).

Elles rencontrent alors Olaf Olm, jeune allemand qui souhaite s’inspirer des expériences menées dans son pays natal, pour développer un tourisme différent, puisque le but serait de faire visiter le quartier parisien très populaire de Belleville. Les projets vont donc fusionner !

Progressivement,une idée va s’imposer :

« Ces jeunes sont dans la rue toute la journée, et finalement, la rue, c’est eux qui la connaissent le mieux… Alors pourquoi ne feraient-ils pas découvrir leur quartier avec leurs propres yeux… ??? Cette démarche aurait pour intérêt de les revaloriser vis-à-vis d’eux-mêmes, de leur voisinage, du public, mais aussi de revaloriser le quartier aux yeux de tous.»

Ainsi fut inventé le métier d’Accompagnateur-révélateur de quartier (ARQ) !

Ces ARQ (ainsi appelés pour éviter l’appellation officielle de «guide» – légalement encadrée – et pour coller au plus près de la réalité) vont donc faire découvrir Belleville et son histoire, mais surtout ses habitants et ses acteurs locaux.

Au cours de balades et rallyes, équivalent maison des visites guidées et jeux de pistes, ils vont emmener le public à la découverte de leur quartier, avec des moments privilégiés : la participation des acteurs locaux notamment à travers des rencontres permettant un échange entre visiteurs et visités.

«Belleville Insolite» trouve un soutien auprès de nombreux habitants, acteurs locaux, centres sociaux, hommes et femmes politiques et se crée une certaine popularité à Paris : média et public s’enthousiasment pour le projet.

Toutefois, le modèle économique n’est pas viable : 90-95% du chiffre d’affaire provient des aides publiques. Aussi quand les emplois-jeunes – d’une durée de 5 ans – de «Belleville Insolite» arrivent à terme (2005), l’association fait rapidement faillite. Près d’une quinzaine d’employés sont alors licenciés.

On estime que l’association Belleville Insolite a employée environ trente personnes, la plupart l’ayant quittée pour se réorienter vers une autre voie professionnelle. Un nouveau métier fut créé : Accompagnateur-révélateur de quartier (ARQ) et un quartier fut revalorisé : Belleville.

Un bilan globalement positif, même si l’expérience se termine dans la douleur.

2 – L’aventure se poursuit alors avec «ça se visite !»

Regrettant la disparition de l’association, deux anciennes salariées de « Belleville Insolite », Laura Winn et Camille Marmet, décident de sauver cette initiative.

Une nouvelle association est créée : « A Bientôt à Belleville », dont l’objectif est d’adapter le projet pour le pérenniser.

Après plusieurs mois de travail (bénévole), Camille et Laura ont affiné leur projet : l’association « A bientôt à Belleville » change alors de nom pour s’appeler « ça se visite ! »

Le volet « réinsertion professionnelle » est mis de coté, en essayant de s’inscrire dans une démarche touristique. De plus, Belleville n’est plus le seul quartier d’exercice puisque progressivement, c’est tout le Nord-Est parisien ainsi que Saint-Ouen et Pantin (en banlieue) qui seront visités.

L’expérience durera 4 années, jusqu’en novembre 2008. Une nouvelle faillite va frapper le projet : même si l’équilibre entre ressources propres (entre 30% à 50%) et fonds publics (entre 70% et 50%) s’est nettement amélioré, il n’était pas encore satisfaisant. Trois salariés sont alors licenciés.

Là encore, l’expérience ne fut pas négative : 6 salariés furent successivement employés par la structure, une nouvelle forme de tourisme fut clairement mise en forme, et, surtout, public, adhérents, acteurs locaux et partenaires furent convaincus de l’utilité du projet.

«On ne va pas se quitter comme ça, c’est trop triste !!!…» Marie C., ARQ bénévole.

Très juste, Marie, l’aventure ne pouvait pas s’arrêter ainsi…

3 – «ça se visite !», la suite…

A l’annonce de la disparition de l’association « ça se visite ! », de nombreux messages parvinrent à l’ancienne équipe : remerciements pour l’expérience vécue… et encouragements pour vivre une nouvelle aventure !

Ces messages manifestaient ainsi l’amical soutien du public, mais aussi des acteurs locaux et des différents partenaires, et leurs souhaits de voir se poursuivre cette épopée.

Citons plus précisément le soutien indéfectible de l’Equipe de Développement Local du 11e arr. (où se situait le local historique de « Belleville Insolite » puis de « ça se visite ! ») : l’énergie, la disponibilité et le dynamisme de cette actrice de la Politique de la Ville furent sans faille dans cet hiver rigoureux.

Certains anciens salariés décidèrent donc de relancer le projet… dans un contexte particulièrement difficile.

Et dès janvier 2009, un nouveau navire voguait sur les flots…

Voilà pour l’histoire ancienne. Et comme l’histoire s’écrit chaque jour…

A suivre…